Que ce soit en thérapie, coaching, mentorat ou supervision, il ne peut y avoir d’accompagnement efficace sans acceptation par le client de son besoin d’intermédiation. Mais à vouloir qualifier ce besoin à la place du client on prend le risque d’éveiller des projections qui sont autant de freins à cette acceptation…





Merci pour cette merveilleuse partie d’échec où l’on élimine ni les pions ni les chevaux de l’autre. Cela m’aide de voir cette ouverture qui vous guide et vous accompagne tout au long. Je me dis que c’est l’ouverture à l’inconnu qu’est l’autre et que je suis moi-même. Et qu’ »aider » c’est peut-être juste se tenir devant ou être avec. Dans le mouvement infini de la découverte…
Merci à toi Oga de pointer que souvent du simple plaisir de l’échange nait l’ouverture. En coaching comme dans la vie, l’important n’est pas d’avoir et encore moins de vouloir avoir raison…
Et quand à l’échange se mêle le jeu, la matière se transforme en kaléidoscope : elle devient féconde et créatrice de chemins imprévus, surprenants et colorés.
Qu’ils mettent l’eau à la bouche, Stéphane, ces chemins fertiles et colorés. Ils m’évoquent ces sentiers étroits de l’arrière pays nicois, à flanc de montagne, qui n’en finissent plus d’en faire le tour, tantôt à l’ombre tantôt à la lumière…dans le parfum des pins parasols qui semblent se jeter dans le vide et la lumière éclatante de l’après midi…
Peut etre qu’éviter ce mot : « aider » est une façon de résister à l’attachement, au lien trop intime qui pourrait peut etre se créer avec notre client à ce moment là. Reconnaitre que nous l’aidons c’est prendre le risque de recevoir en retour l’expression de sa gratitude…et le risque d’une possible dépendance.
Les psys écartent ce dernier, pourtant, s’agissant de la gratitude. Voir à ce propos l’excellent article « gratitude et bien-être’ dans le dernier Cerveau & Psycho.
J’aime en tout cas la douceur à laquelle tu sembles t’abandonner Stéphane quand tu acceptes cette dimension d’aide…je la trouve contagieuse…j’ai l’impression de la voir infuser chez toi Andre au fil de l’échange et des mots sur lesquels tu trébuches…
J’ai longtemps rejeté aussi de mon cote ce terme relation d’aide…par peur d’etre prisonnière de mon propre besoin d’aider l’autre pour me sentir vivre…et par là meme de biaiser ou d’handicaper la relation d’entrée de jeu. Aujourd’hui ? je crois que je lui prefere encore le mot « contribuer » avec cette idée de co-créer ensemble avec mon client.
Amitiés,
Claire
Merci Claire pour cette invitation en pays Niçois et aussi pour l’idée de contribution co-créatrice.
J’assistais ce matin à la réunion des bénévoles de l’Association Force femmes qui accompagne aussi des créatrices d’activité et j’ai été plus d’une fois ému du besoin d’aide exprimé par ces bénévoles. Besoin d’aide pour pouvoir prendre soin d’elles et de celles qu’elles accompagnent.
Prendre soin…
Encore un autre chemin doux et coloré, peut-être moins connoté et polémique que l’idée de relation d’aide.
Quoique.
Très intéressant dans la forme et dans le fond, ce cheminement sur un thème qui n’exclut jamais la subjectivité ni le contexte élargi de chacun des protagonistes (quelle honnêteté, André !)
Je suis pour ma part assez d’accord avec Stéphane sur l’idée que nous sommes les membres d’un réseau de relations interconnectées le long duquel circulent des demandes d’aides et des « prestations » d’aide, il me semble que ça a à voir assez profondément avec l’idée d’une société. Là où il y a discussion, me semble t-il, c’est dans la définition d’une demande d’aide construite et ce qu’en fait le coach. Moi aussi j’ai l’impression d’aider, et cette impression d’aider d’une part m’aide à aider et d’autre part je pense m’aide à vivre. Donc qui aide le plus l’autre du client ou du coach ? Si l’on considère le coaching comme une co-construction ou une co-recherche, il n’y a pas d’aide unilatérale mais une relation d’aide réciproque : « a 2-ways road », comme disait Michael White.
@ Pierre, merci pour ce retournement !
En prenant soin de l’autre, je prends soin de moi…
En prenant soin de moi, j’ai davantage de capacités à être aidant…
En acquérant plus de capacités à être aidant, j’honore mieux mes valeurs, je satisfais davantage mes besoins et j’augmente mon plaisir à être qui je suis…
Soyons parfaitement honnêtes : les quelques coachs qui vivent de ce métier ont, je le crois et l’espère, pleinement conscience de la chance qu’ils ont d’être payés par leurs clients pour travailler sur eux-mêmes, même si ce travail n’est pas toujours de tout repos…
J’ajouterais que cette façon d’être, ce « mode de vie » ne sont bien heureusement pas réservés aux coachs et qu’avec vous Pierre ici et André là, d’autres tracent une route similaire dans des disciplines connexes. Je pense entre autres à la psychiatrie humaniste de Christophe André, à l’Ecole d’Anthropologie Pragmatique de René et Linda Gandolfi ou encore à l’association Prajña & Philia de Fabrice Midal…
Vous parlez de société, nous parlons tous d’humanité et comme le dit si bien la pub : « what else ? »
Une pensée a flotté hier matin à mon réveil : seule une toute petite lettre sépare aider d’aimer
Les réveils sont révélateurs… Merci Claire d’avoir partagé le vôtre… Je me lance du coup pour rajouter ce que j’avais gardé suite au commentaire de Stéphane sur société et humanité… Que juste un détail de majuscule ou minuscule sépare l’Humanité de l’humanité… Faisons nous plus petits…