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Posts Tagged ‘paradis’

Un rabbin discutait avec le Seigneur du Paradis et de l’Enfer. « Je vais vous montrer l’Enfer », dit le Seigneur.
Il entraîna le rabbin dans une pièce où se trouvait une grande table ronde. Autour, des gens affamés et désespérés. Au milieu de la table trônait un énorme plat en sauce qui sentait si délicieusement bon que le rabbin en saliva. Chaque personne tenait une cuiller à très long manche. Si les longues cuillers atteignaient le plat, leurs manches étaient plus longs que les bras des convives, ce qui les empêchait d’amener la nourriture à leurs lèvres. Personne ne pouvait manger. Le rabbin vit bien que ces gens souffraient terriblement.
« Maintenant je vais vous montrer le Paradis », dit le Seigneur.
Ils entrèrent dans une autre pièce, exactement semblable à la première : même table ronde, même plat de victuailles. Comme précédemment, les convives étaient munis de cuillers à trop long manche, mais là, tout le monde était bien nourri, grassouillet, joyeux et bavard.
Le rabbin ne comprenait pas. « C’est très simple, mais ça demande certaines qualités, expliqua le Seigneur. Dans cette pièce, vous voyez, ils ont appris à se nourrir les uns les autres ».

Irvin Yalom – La Malédiction du chat hongrois

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L’effondrement d’une illusion collective est toujours un choc pour une société, mais ce choc peut être salutaire s’il permet de reconstruire sur des fondations solides.
L’illusion dont nous émergeons, c’est celle du « paradis sur terre ».
Qui peut croire encore à un monde sans guerres, sans misère, sans catastrophes naturelles ? Le tragique nous saute aux yeux, et nous ne savons plus lui donner de sens autrement qu’en promettant indéfiniment sa disparition.
Les idéologies qui ont marqué le XXe siècle ont toutes abouti à des impasses. Si nous ne voulons pas nous mobiliser pour une illusion supplémentaire, il nous faut intégrer le caractère tragique de l’existence et l’incertitude de l’avenir.
Dans quel type de société voulons-nous vivre ? A quelle valeur donner la priorité : l’avoir ou l’être ? Le court terme ou le long terme ? Quelle place donner à la souffrance ?
Autant de questions auxquelles il faut trouver des réponses neuves qui dépassent les clivages habituels, progrès/ réaction, libéralisme/ socialisme, gauche/ droite.
Prendre soin du monde s’oppose à « se battre pour un monde meilleur » qui évoque un climat de certitudes idéologiques, de combat du Bien contre le Mal, et de foi naïve dans un avenir radieux.
Cet ouvrage nous invite à tenir compte de la complexité du réel, de la fragilité de la civilisation et de la nécessité de laisser la planète en bon état à nos enfants.

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