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Posts Tagged ‘risque’

Keith Haring - BébéJournal de Keith Haring
Pittsburgh
29 avril 1977

« J’ai les idées noires… encore une fois, je suis perdu : ou devrais-je plutôt dire que je n’ai jamais cessé de l’être ? Je ne sais pas ce que je veux ni comment faire pour l’atteindre. J’ai l’air de savoir ce que je veux et de tout faire pour l’obtenir, mais c’est faux, en réalité je n’en ai aucune idée. C’est sans doute parce que j’ai peur. Peur d’avoir tort. Et j’ai sans doute peur d’avoir tort parce que je me compare toujours à d’autres gens, d’autres expériences, d’autres idées. Je devrais considérer tous ces éléments dans leur contexte au lieu de les comparer. Je mets ma vie en rapport avec une idée ou un modèle, qui est en réalité une vie entièrement différente. Je devrais la relier à ma vie simplement dans la mesure où toutes deux ont de bons et mauvais côtés. Ce sont deux vies séparées. Si l’autre a pu acquérir assez de mérite pour être digne de mon admiration, ou pour que j’ai envie de le copier, c’est en prenant des risques, en vivant sa vie à sa manière. Il a évolué en faisant face à des situations différentes, il a découvert des sommets de bonheur qui me sont étrangers et connu des chagrins similaires. A force de toujours vouloir prendre modèle sur une autre vie, je gaspille la mienne en une répétition vaine. (suite…)

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« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. » Voici ce qu’écrivait en 1950 dans « Les Matinaux » le poète René Char dont le centenaire a été célébré en 2007.
Dans une interview à propos du spectacle IN-I dont elle partage l’affiche et la mise en scène avec le chorégraphe Akram Khan, l’actrice Juliette Binoche lui répond en écho : « Comment vivre autrement que dans la peur ? Comment aimer autrement que dans la peur ? »

Imposer sa chance, serrer son bonheur, aller vers son risque, vivre et aimer en traversant sa peur, autant d’expressions singulières qui m’habitent et me mettent au travail quotidiennement. Si je les fais miennes et si je les formule à ma façon, si je m’exhorte à « plonger au cœur du vivant » qui se terre en moi, c’est pour mieux combattre l’ombre mortifère de la peur qui les accompagne.

Peu m’importe le regard des autres, peu m’importe de me sentir gauche parfois ou d’échouer aussi, pourvu qu’en mon âme et conscience je me sois donné les moyens d’accéder à cette part d’inconnu qui git en moi et qui, une fois émergée et reconnue comme étant mienne, fera de moi si ce n’est un homme meilleur, du moins un homme un peu plus accompli.

(suite…)

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